Parution : Pour une désaliénation des études africaines-Repenser l'africanisme postcolonial

Vient de paraître : Pour une désaliénation des études africaines- Repenser l'africanisme postcolonial
L'auteur Amadou Sarr Diop est Enseignant chercheur à l'Université Cheikh Anta Diop UCAD Dakar à la FASTEF Faculté des Sciences et Technologies de l'Education et de la Formation.

Résumé

Les études africaines, dans le domaine des sciences sociales, puisent leurs registres analytiques dans un mode de savoir décliné en dehors des réalités et des préoccupations du continent africain. Elles ont la particularité d’être un champ de sédimentation de théories construites dans le sillage de ce que Gazibo appelle « l’extraversion théorique ». Le pari de ce livre est de déconstruire cet ordre de la pensée, fondamentalement soumis aux paradigmes et aux postulats du dehors, à la référence quasi absolue aux catégories de pensée occidentales et, donc adossé à une épistémologie de l’altérité. Notre projet s’inscrit dans cette entreprise de reconfiguration ou rénovation des études africaines portée par le débat sur la désaliénation des études africaines. Notre objectif est double : elle vise à dessaisir les études africaines de l’encastrement, de l’intrusion de l’eurocentrisme et de son versant opposé, à savoir l’afrocentrisme. L’enjeu ici est d’ouvrir l’espace d’un débat, celui de la refondation et du rôle des sciences sociales dans ce qu’il convient d’appeler « l’invention du monde par l’Afrique ». Au-delà du combat pour l’émergence d’une nouvelle géopolitique des discours savants, nous aborderons aussi la problématique du rôle des sciences sociales dans le projet de la renaissance du continent noir. L’idée que la reconstruction des savoirs sur l’Afrique est au cœur des enjeux de la libération du continent noir, de son sous-développement séculaire et de sa marginalisation dans l’évolution du monde, n’est pas une hypothèse mal fondée. Recadrer l’africanisme revient donc à le replacer sur une orbite qui l’inscrit dans l’étude des formes d’historicité en cours dans les sociétés africaines mais, surtout, à en faire une praxis, instrument de combat pour la réinvention du futur de l’Afrique. En clair, il s’agit de montrer que dans le projet de refondation de l’africanisme, les sciences sociales africaines devraient être au service du continent, dans la double bataille du développement et de la construction du leadership africain achevé.

couverture