Conférence de Presse du Recteur du 18 mars 2013

L’université, dans ses fondements, a toujours été

1.     un creuset pour l’intelligentsia de son pays d’implantation mais aussi des autres pays qui y envoient la force productrice de leur développement  que constitue leur jeunesse.

2.     C’est également le lieu de la reproduction des modèles en vigueur et des modes de penser de développement endogène et exogène.

En ce sens, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, qui a plus de 50 ans d’existence, a joué un rôle  de premier ordre dans la formation des élites. Elle a aussi, pour beaucoup contribué à la formation des décideurs dans nombre de pays africains.

 Elle a fait un long chemin, depuis la création de la faculté de médecine en 1918 au lendemain de la 1ere guerre mondiale, l’embryon qui a donné aujourd’hui une université de référence en Afrique mais aussi dans le monde, avec l’érection aujourd’hui des 41 instituts et facultés qui sont sortis de ses flancs.

Dans ce 21e siècle des connaissances et savoirs, l’UCAD aborde un tournant décisif qui va déterminer son avenir en tant qu’institution de référence :

-       A l’instar de toutes les institutions d’enseignement supérieur dans le monde et surtout en Afrique, elle est d’abord confrontée à une crise du financement. Malgré les énormes efforts consentis par les autorités publiques, les ressources et les moyens mis à sa disposition restent relativement insuffisants eu égard à l’ampleur des besoins surtout ceux liés à la modernisation (forte introduction des TICS, équipements de la recherche de plus en plus sophistiqués et coûteux etc.)

-        A l’instar des universités africaines, elle subit les contrecoups des mutations démographiques qui traversent nos sociétés en général, caractérisées par une population jeune, donc en âge de scolarisation, ce qui est à l’origine de la forte demande sociale en matière d’enseignement supérieur qui posent un problème d’accès. Je reviendrai tout à l’heure sur les statistiques des demandes d’admissions des nouveaux bacheliers et sur les effectifs en général.

 

-       Elle est aussi confronté à une remise en question radicale du sens même qu’il convient de donner

 

·          à la question de la formation des élites,

 

·         à la question de la recherche,

 

·         à la question de ses rapports avec son milieu, son environnement, ses partenaires aussi bien sur le plan national (secteur privé, monde du travail etc. .) qu’international (universités et organismes de recherche internationaux etc.), bref de ses relations avec le monde extérieur.

 

Nous sommes donc à un moment historique où il nous faut redéfinir les paradigmes autour desquelles cette formation dispensée devrait s’articuler afin d’apporter des réponses pertinentes aux problématiques de tous ordres qui interpellent nos pays.

 

-       Enfin pour ce qui concerne spécifiquement l’UCAD, son destin d’université de première génération, d’université - mère la condamne à assumer, qu’elle le veuille ou non, le rôle de régulateur du système de l’enseignement supérieur dans notre pays - étant donné les capacités d’accueil limitées des universités de la 2éme et 3éme génération - et même dans la sous région comme en attestent les pics élevés de demandes d’admission émanant des ressortissants de ces pays dès que des crises  y surviennent.

 

Je vais vous communiquer quelques éléments statistiques afin de vous permettre de prendre la juste mesure de l’ampleur des difficultés de notre université.

Téchargez les statistiques.