Musée Théodore Monod. Politiques culturelles au Sénégal. Mercredi 23 janvier 2019. 10h-13h. Tunis et ses patrimoines urbains

L’IFAN Ch. A. Diop et Le Ministère de la culture

Organisent le séminaire de recherche

Les politiques culturelles au Sénégal

Mercredi 23 janvier 2019, 10h-13h

au

Musée Théodore Monod d’art africain

1, Place Soweto, BP 206 Dakar

Mme Faïka Béjaoui, Architecte/Urbaniste, Consultante Free-Lance

TUNIS ET SES PATRIMOINES URBAINS

L’identité et le caractère local des villes historiques sont de plus en plus menacées par les processus de mondialisation et d’urbanisation. Les pratiques traditionnelles de conservation du patrimoine dans les villes ont produit des résultats importants pour sauver les quartiers historiques de la dégradation urbaine.

Si on se penche sur la question selon l’approche du paysage urbain historique (Recommandation UNESCO 2011) qui crée une compréhension claire et alternative de la relation entre les processus de développement et la gestion du patrimoine urbain, en priorisant et structurant les besoins d’une région spécifique et de sa population. En effet le paysage urbain historique est une approche de la gestion des ressources patrimoniales dans des environnements dynamiques et en constante évolution. Il est basé sur la reconnaissance et l'identification d'une superposition et d'une interconnexion de valeurs naturelles et culturelles, matérielles et immatérielles, internationales et locales présentes dans n'importe quelle ville. Je développerais la réflexion à partir de l’étude de cas : La Ville de Tunis et sa relation avec son centre ancien. Dans les années soixante, on craignait que la Médina de Tunis, à l’instar d’autres villes historiques au Maghreb et au Moyen-Orient, ne soit menée vers un déclin irréversible. Les infrastructures étaient en grande partie vétustes, le nombre de logements insalubres augmentait et la part de la population vivant dans la grande misère grimpait. Une seule solution semblait possible, celle de la démolition-reconstruction de la plus grande partie du centre historique. Tel était le contexte dans lequel a été créée l’ASM (Association de Sauvegarde de la Médina de Tunis) vers la fin des années 1960. Sa mission initiale se résumait à une collecte et analyse de données relatives au vieux centre. L’impact de l’ASM dans les années suivant sa création, a été importante à plusieurs égards. Tout d’abord, l’association a été un acteur créatif au niveau de la planification urbaine. La Médina, une ville millénaire, a vu sa valeur – en tant qu’artefact matériel et tissu social - admise. Son importance en tant qu’ensemble historique traditionnel a été reconnue grâce au plaidoyer développé par l’association.

De 1982 à 2014, Faïka Béjaoui a occupé différents postes à l’Association Sauvegarde de la Médina de Tunis (ASM). Elle a travaillé de 2014 à 2016 comme expert en patrimoine auprès de l’ALECSO (Organisation Arabe pour l’Education, la Culture et les Sciences). Elle est lauréate du prix Aga Khan d’Architecture en 2010 pour le projet de réhabilitation et de requalification de la ville des 19-20èmesiècles de Tunis. Elle est Présidente du comité National tunisien de l’ICOMOS depuis février 2016 ; et vice-présidente du bureau exécutif du CIVVIH (Comité International des Villes et Villages Historiques - ICOMOS) 2012-2018 ; Membre du bureau directeur de l’ASM.de l’Ordre national.