Colloque Revue Cours Nouveau / Laboratoire de Prospective et de Science des Mutations du Département de Sociologie de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar lance un appel à communication les 2-3 février 2012 à l'UCAD II
THEME : Quête de Sens et Représentations du Futur en Sénégambie du XVe au milieu du XIXe siècle : Regard (s) Nouveau (x)
Avant de tracer à nouveau des Plans d’action et des Programmes pour le présent immédiat et pour l’avenir, il y a lieu paradoxalement - nous le confessons - de régler la question apparemment négligée des origines ; tant les symboles, l’histoire et la mémoire, les lieux de mémoire, les mythes, les représentations que les formes revêtues par les relations sociales (politiques, économiques, institutionnelles ; Question Genre et rapports sociaux de sexe ; Droit positif, coutumes et mœurs ; Croyances, Esthétique, Littérature, Arts décoratifs ; Loisirs et modes de vie ; Sciences et Techniques ; Etat, Pouvoir et Autorité ; Organisation sociale, Administration, Gouvernance ; Alimentation, Hygiène publique, Connaissances médicinales et pharmacologiques ; Hiérarchies et stratifications sociales ; Cosmogonies et Religions ; Philosophies et Représentations du temps, de l’espace, de la nature, de l’environnement ; Concepts de cause, de causalité, d’altérité, etc.).
Entendons-nous. L’enjeu n’est pas l’érudition en matière historique, esthétique, philosophique, économique, juridique ou autre, mais bien l’efficacité et la rationalité de l’Action dans le présent et l’avenir. Car enfin, nul ne peut transformer ce qu’il ignore, à fortiori lorsqu’il s’agit de sociétés et d’institutions dont la manière d’être commande le devenir de millions et de millions d’âmes, qui attendent aujourd’hui des milieux universitaires et académiques des signaux autres que la simple reprise des agendas des politiques ou des bailleurs, des cabinets de consultance ou des experts des institutions internationales. Or, qu’avons-nous appris par l’étude, l’observation autant que par l’échange ? Que les systèmes des connaissances formels comme non formels en vigueur présentent des failles et des lacunes qui hypothèquent sur le plan global l’efficacité de l’action et de l’intervention des chercheurs, des décideurs et des experts ou des savants, généralement chargés de conduire les changements souhaités ou de définir les options et les stratégies de mise en œuvre des innovations. Et pour cause ! Le potentiel scientifique, théorique et technique disponible, ou bien demeure désarticulé et, par suite, émietté, et donc difficile à mobiliser, ou bien reste inopérant, dès lors qu’il présente, à l’usage, des carences et des lacunes dénigrant invariablement les actions de transformation initiées ; et ce, dans une confusion certes relative, dont la sanction est l’inefficacité et le surplace. De fait, à mesure que l’ouvrage est remis sur le métier, sans résultat probant, le sentiment du « déjà vu » se répand, et avec ceci, l’impatience et la lassitude des publics bénéficiaires sinon le vague à l’âme des chercheurs et la grise mine des institutions chargées de la recherche. Des résultats rarement satisfaisants sont encore passés par-là, qui n’ont pas permis de valider et de légitimer avec suffisamment cohérence, de logique et de rationalité, les stratégies d’intervention, les schémas d’analyse, les modèles d’action ni les mesures de suivi, d’évaluation ou de correction, pourtant drapés de l’autorité de la Science.
Partant, si l’Explication et la Compréhension des faits sociaux contemporains sont peu pertinentes, voire bancales ou gravement erronées, ainsi que les Premières Journées Africaines de Prospective de Dakar, UCAD, l’ont établi, l’intervention délibérée (l’action orientée en finalités) pour changer le cours des choses ne s’est pas révélée seulement onéreuse à l’expérience ni aventureuse à l’entame, mais ambiguë dès le départ : l’aspiration à une connaissance scientifique des processus sociaux prend place dans un univers social structuré et hiérarchisé, traversé de part en part par des intérêts multiples générateurs de biais multiformes. Ce qu’on ignore (sur le fond), ou que l’on comprend mal, et ce qu’on ne parvient guère à expliquer, comment prétendre le transformer hic et nunc et/ou dans un futur plus ou moins proche ?
Bien qu’elle ait été formulée depuis l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, dont c’est aussi la vocation de questionner le futur, mais avec ses outils propres, la prospective dont il est question ici n’est pas moins sortie du cœur même de l’action en général, et de l’action sociale en particulier. S’entend l’action de transformation des sociétés ouest-africaines, dont elle reste inséparable du point de vue théorique, intellectuel, historique et stratégique. Cela veut dire que la prospective a resurgi, ici tout au moins, d’une tension croissante entre la volonté des Africains de l’Ouest de modeler l’agenda sous-régional selon leurs besoins propres et les contre-tendances imprimées par les forces centrifuges historico-politiques, démographiques, confessionnelles ou autres de toutes sortes – exogènes ou endogènes – qui avaient pris le dessus jusqu’ici ; ou à tout le moins d’un rapport dialogique entre le chercheur qui agit pour inverser un devenir jugé à la fois contraignant et périlleux, et une situation de crise anomique menace d’emporter les sociétés d’entropie ou de chaos. Il ne s’agit donc nullement d’une expérience de laboratoire ou de cabinet de consultance, encore moins de fonctions d’expertise extérieures ou indifférentes à l’action en cours.
Pour qui donc se préoccupe légitimement de notre Avenir, un retour vers le Passé pourrait se révéler une épreuve aussi redoutable qu’un éventuel voyage vers le Futur. Il s’agit, en guise de propédeutique, de préalable ou de pré condition à toute investigation prospective, de la nature des sociétés qui précèdent les nôtres :
De quelle (s) manière (s), sous quelles formes et dans quelles conditions et circonstances, les sociétés qui précédent les nôtres avaient-elles envisagé leur propre avenir et leur futur il y a plusieurs siècles de cela, en particulier au début de la première mondialisation qui aura vu le centre de gravité du monde se déplacer de la Méditerranée vers l’Atlantique ?
II – Atelier de Méthodologie de l’Etude : « Représentations du Futur et Démarches prospectives au Sénégal » (UCAD/CODESRIA)
RESUMES DE COMMUNICATION A ENVOYER AVANT LE 30 JANVIER 2012 : Malick Ndiaye (Dpt de Sociologie); Adrien Benga (Dpt d’Histoire), Seydou Diouf (Dpt Histoire du Droit, FSJP), Malick Diagne (Dpt de Philosophie), Salimata Wade (Dpt de Géographie), Abdoul Aziz Kébé (Dpt d’Arabe), Isabelle Niang (Dpt de Géologie, FST),Alioune Diop (Dpt d’Arabe) Souleymane Gomis (Dpt de Sociologie) ; Ousmane Faye (Dpt Biologie animale, FST), Mandiomé Thiam( Dpt d’Histoire), Daha Chérif Ba (Dpt d’Histoire), Abdoulaye Dièye (FSJP), Assane Mbaye (FSJP), El Hadj Niang (FMPOS), Abou Haydara (Dpt des langues romanes) ; Mamadou Cissé ( Dpt Linguistique), Fatou Sarr ( IFAN), Gorgui Dieng ( Dpt Anglais), Moussa Daff (Dpt Lettres Modernes).
***LES COMMUNICATIONS SERONT PUBLIEES DANS LA REVUE COURS NOUVEAU N°7-8, A PARAITRE FIN MARS 2011. Date limite de remise des communications dument corrigées : 28 février 2012.