Offre de formation de la FASTEF

Au seuil des années 60, les pays africains, sous domination française, accèdent à la souveraineté internationale et se trouvent aussitôt confrontés avec des difficultés énormes pour l'édification des structures étatiques par suite d'une pénurie en cadres moyens et supérieurs.

Aussi les détenteurs du pouvoir se sont-ils attelés à la mise en place d'institutions de formation en vue de juguler rapidement ce déficit. C'est dans le cadre de cette impérieuse nécessité que verra le jour l'établissement qui, de mutation en mutation, deviendra l'Ecole Normale Supérieure de Dakar.

Devant les besoins massifs en éducation des populations, éducation dont ler rôle primordial dans tout progrès n'est plus à démontrer, le gouvernement, avec l'appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) avec l'UNESCO comme agence d'exécution, créa en 1962 le Centre Pédagogique Supérieur (CPS) avec comme mission essentielle la formation des professeurs de collège d'enseignement général (CEG). Il s'était agi de recruter par concours des instituteurs titulaires du CAP et de les former, en deux ans, au double plan des connaissances académiques et professionnelles. Quatre options furent instituées: Lettres - Anglais (L.A), Lettres - Histoire et Géographie (L.HG), Mathématiques - Sciences Physiques (M.S.P) et Mathématiques - Sciences Naturelles (M.S.N). Il y a lieu de préciser que le terme Lettres correspond ici à Français c'est-à-dire que les professeurs formés seront chargés d'enseigner le Français et l'Anglais ou l'Histoire et la Géographie. Ce sont des professeurs bi ou trivalents.

La première promotion, très réduite, rejoint au mois de novembre 1962 le CPS alors hébergé dans les locaux de la très célèbre ancienne école de médecine et de pharmacie de l'AOF, locaux situés entre l'Assemblée Nationale et le Lycée Lamine Guèye, ex Van Vollenhoven. Ce sont les bâtiments qui abritent aujourd'hui l'IDEP.

Les constructions destinées au CPS seront terminées en 1964 et inaugurées par le Président Léopold Sédar Senghor.

L'encadrement pédagogique était assuré uniquement par des expatriés français, belges et suisses, tous experts de l'Unesco. Des homologues sénégalais étaient envoyés en France pour suivre une formation complémentaire à l'ENS de Saint-cloud. Monsieur H. Buzenet, agrégé de Sciences Physiques, était l'expert chargé de diriger l'établissement jusqu'en 1966 date à laquelle un homologue sénégalais, M. Amadou Trawaré, professeur certifié de Mathématiques, devait être nommé à ses côtés. C'est à partir de 1967 que M. Trawaré devait assumer les fonctions de Directeur sans partage jusqu'en 1975. En 1967 le CPS est devenu Ecole Normale supérieure, institut rattaché à l'Université de Dakar. Il lui sera dévolu en plus le rôle de former des inspecteurs de l'enseignement primaire de façon intermittente.

Ayant satisfait les besoins en formation de professeurs de CEG, surtout dans les disciplines littéraires, l'ENS devait voir la suspension de son fonctionnement pendant deux années universitaires (1971-72 et 1972-73) période mise à profit pour élaborer l'ensemble des textes réglementaires organisant les différents diplômes (CAES et CAEM) devant couronner la formation pédagogique des étudiants titulaires d'une maîtrise ou d'une licence d'enseignement.

En 1975, M. Iba Der Thiam, agrégé d'Histoire, succéda à M. Trawaré. Il imprime à l'ENS son orientation actuelle. Les promotions, faibles au début, devaient connaître une croissance rapide et en 1982, on connut le contingentement du recrutement débouchant sur l'organisation d'un concours de recrutement.